Alors même qu'on n'y croyait (pratiquement) plus, ça y est, le secourisme est enfin, et très officiellement, une discipline scolaire à part entière. Une étape décisive avait été franchie avec la partution du décret du 11 janvier 2006, le clou est désormais presque enfoncé avec la publication par le ministère de l'Éducation Nationale des modalités d'application. L'intégration du secourisme dans les emplois du temps et les projets d'établissements, concerne aussi bien l'école primaire que le collège et le lycée, et ce, dès cette année scolaire.
Cependant, ce n'est pas le tout de le dire, reste à mettre en oeuvre, ce qui est, dans les faits, loin d'être simple, et loin d'être acquis.
Ce qui est nouveau, ce qui l'est moins
Le BO de septembre 2006 réafirme et rend obligatoire la mise en oeuvre du module "apprendre à porter secours" qui existe depuis 1997 dans une indifférenece quasi générale. Ce module est objectivement très bien fait et s'adresse aux élèves de CM2.
La vraie nouveauté est ailleurs et pour ce qui concerne le petit (trop petit) monde des secouristes, est une veritable révolution, c'est l'apparition de la formation AFPS au collège, consolider par une obligation de maintien à niveau des connaissances aux lycées.
Ce que ne dit pas le BO c'est comment l'Éducation Nationale compte former ses trois et quelques millions de collègiens, ni par qui, ni en combien de temps...
Enseigner les premiers secours
Il faut distinguer deux aspects. D’une part l’aspect technique, à savoir la maîtrise des gestes de premiers secours de façon suffisamment précise pour pouvoir en faire la démonstration et d’autre part l’aspect pédagogique, c'est-à-dire le choix de la méthode à utiliser pour transmettre une connaissance à un public spécifique.
Les secouristes lambda qui souhaitent enseigner le secourisme doivent suivre une formation complète de moniteur de premiers secours, au cours de laquelle ils abordent ces deux aspects. Cependant, les méthodes pédagogiques qu’ils apprennent à maîtriser lors de leur monitorat sont plutôt orientées vers un public adulte. L’obtention de leur diplôme de moniteur leur permet ensuite d’enseigner le secourisme et de certifier leurs stagiaires en leur délivrant des attestations de formation ou en participant à des jury d’examens (selon les formations).
Pour un enseignant, on considère qu’il a la capacité d’adapter sa pédagogie, quelle que soit la matière enseignée, secourisme compris. On peut même penser que dans de nombreux cas, ils seront plus à même de réaliser une initiation avec leurs élèves qu’un moniteur car si les moniteurs de secourisme sont des spécialistes du secourisme, ils sont rarement des spécialistes de l’enfance et ne sont donc pas forcément habitués à s’adresser à des écoliers.
Tout enseignant peut donc enseigner les premiers secours, dans la mesure où les gestes qu’il enseigne sont corrects techniquement. Il ne peut cependant délivrer d’attestation de formation que s’il est en parallèle moniteur de premiers secours.
Pour les enseignants qui ne possèdent que des connaissances sommaires en secourisme, se pose alors deux problèmes : tout d'abords, la maîtrise du geste qui ne s’acquiert que par la répétition et l’entraînement. Elle est rarement parfaite lorsqu’on a soit même suivi une simple formation de base au secourisme.
D’autre part, ces initiations avec les élèves s’avèrent parfois cafouilleuses lorsque l’enseignant se lance sans avoir été sensibilisé aux méthodes pédagogiques spécifiques utilisées couramment pour enseigner le secourisme.
Deux solutions :
1/ se former pour former.
Dans un premier temps, l’enseignant qui ne possède aucune connaissance en secourisme doit se former aux premiers gestes et devenir sauveteur lui-même.
Trois possibilités s’offrent à lui :
Dans un second temps, l’enseignant peut, s’il le souhaite, suivre la conférence pédagogique du thème « apprendre à porter secours ». Au cours de cette session, les participants découvrent le programme existant et les méthodes pédagogiques préconisées.
Dès lors et si l’enseignant estime qu’il maîtrise suffisamment les techniques secouristes et le contenu, il peut mettre en place l’initiation avec ses élèves.
2/ le partenariat.
La seconde option consiste à faire intervenir des bénévoles ou des professionnels dans le cadre d’un projet de partenariat ou sous forme de prestation de service. L’enseignant ou l’établissement sollicite alors un organisme, une association, les sapeurs pompiers locaux, l’infirmière scolaire ou toute personne ayant les compétences et les connaissances nécessaires pour enseigner les premiers secours. Cependant, si cela fonctionne généralement bien dans le secondaire, cela pose plus de difficultés en primaire, surtout si les intervenants ne sont pas correctement préparés à « affronter » un public enfant.
De façon générale, le module « apprendre à porter secours » est fait pour que se soit l’enseignant qui anime cette initiation. On n’attend pas de l’enfant qu’il soit capable de faire un geste technique irréprochable mais qu’il soit en mesure, à son niveau, de se rendre utile en cas d’accident.
Supports
Dossier de présentation réalisé pour les enseignants de l’Académie de Paris
Le référentiel technique
Supports pédagogiques à télécharger
Télécharger 40 fiches pédagogiques (réservé aux sociétaires MAIF)
Le nouveau BO de référence, le BO n°33 du 14 septembre 2006 ![]()
Le programme d'apprendre à porter secours, défini par la note de service 97-151
Secouris, le jeu de plateau des secouristes en herbe
Bibliographie
Bibliographie sélective
Le manuel de référence : Porter secours
Aller plus loin
L'éducation à la sécurité sur le site dédié aux directeurs d'écoles de Paris
Apprendre à porter secours sur Educnet ( non mis à jour)
Les accidents scolaires
Planète enseignant : ressources
Cartable.net
La classe : magazines pour les professeurs des écoles
Dossier réalisé avec l'aide précieuse d'Emmanuel
(Professeur des écoles et Instructeur des Premiers Secours)
Crédits photos : École élémentaire de Courcelles-sur-Nied
Ce dossier a été mis à jour le 26 janvier 2007